Ce soir, j'ai vu Muse.

On arrive devant le Kool Haus. La file d'attente est longue, elle contourne tout un bloc du quartier des docks. On s'arrête devant le lac Ontario, un ami de Simon et Elodie nous fait signe et nous permet de griller quelques dizaines de mètres. On avance vite, 10 minutes après nous voici devant l'entrée de la boîte. Une sécurité à l'américaine, mais une organisation irréprochable. Pour l'équivalent de 20€, un piti concert privé de Muse devant, allez, même pas un amphi de Ryerson, on va dire entre 500 et 700 personnes.

Je me retiens pour ne pas acheter de T-shirt. C'est la première fois que je mets les pieds dans une des cinq ambiances qui forment le complexe du Guvernment, la plus grosse boîte de la ville, une sorte de Macumba version branchouille, qui a servi pour les plans larges des parties de Queer as Folk. Du métal brossé éclairé par des spots orange, une scène centrale, les gens arrivent petit à petit... Une première partie très première party (donc moyenne, avec un son saturé). Il est interdit de fumer, mais ça sent le shit. Le coin du bar est réservé aux plus de 19 ans et j'ai oublié ma "picture ID". Simon me file sa carte d'identité, le vigile me regarde bien trois bonnes secondes et me laisse passer. Je croise John, Roxanne et Mary. Ils me sautent au cou, je suis très surpris mais satisfait de ce petit effet. C'est vrai qu'on s'est pas vu depuis plusieurs week-end. John rigole, car on a un mid-term de ressources humaines demain. Il m'apprend même que j'avais sous-estimé le programme de révisions. Ca sent le séchage de Marketing demain matin pour bricoler un peu ces maudits chapitres. On rejoint le centre de l'assemblée, Muse débarque sur un Hystéria hystérique. Matt Bellamy est encore plus petit que ce que j'avais imaginé. Mais sa présence sur scène rattrape le tout. On est à même pas dix mètres... Lumière bleu électrique et rouge sang. Le public canadien est amusant : c'est un peu comme si ils s'éclataient chacun tout seul, dans leur piaule d'ado, la musique à fond. Individualistes jusqu'au bout ! Quand quelqu'un me frôle en passant devant ou derrière moi, j'entends un "sorry" qui n'existe pas en France et qui aurait fait tiquer Teurteul. Le son est beaucoup trop fort, c'est peut-être la seule ombre au tableau. Au pays où les gens sont cadrés par une loi puissante car omniprésente et très respectée, j'ai l'impression que le taux de décibels reste libre de nous niquer les tympans. Me renseignerai là-dessus. 500 spectateurs, mais autant d'applaudissements et de sifflets que dans un Zénith. Le groupe a l'air de bien s'amuser, Apocalypse Please incroyable, Bliss, Stockholm Syndrome, Time is running out... 1h30 de flashs, de cris, de sauts. C'est quand-même plus long que Franz Ferdinand aux Docks le mois passé. J'aime bien ce style de concert, plus intime, plus ephémère, comme le ferait n'importe quel groupe débutant. Sans décor géant à la Bercy, sans attente interminable avant l'arrivée des artistes, sans retour fastidieux etc etc. Petite marche à pied jusqu'au métro Union Station. Simon et Elodie direction Kipling, Karrel et moi direction Dundas. Demain, la ronde des exams continue.

I can't remember when it was good
moments of happiness in bloom
maybe I just misunderstood
all of the love we left behind
watching our flash backs intertwine
memories I will never find
inspite of whatever you become
forget that reckless thing turned on
I think our lives have just begun
I think our lives have just begun