Entre deux révisions éclair (mid-terms rulez), un petit zoom sur les nuits canadiennes de ces derniers jours.

- Mercredi 20 octobre : soirée College Night au 5ive, avec Teurteul. Musique sympa, Teurteul les yeux écarquillés. De jolis garçons autour de nous, souvent très jeunes. Mais pas envie de m'approcher. Voir même pas envie d'eux. Pourquoi ? Heu pas chaud, bloqué par mes complexes qui reprennent le dessus (suis pas sorti dans un truc gay depuis la mi août !), l'endroit est nouveau, je préfère regarder, je me retrouve spectateur d'une ambiance particulière. Une ambiance bon enfant, souriante, dansante, sans mépris, sans matage agresseif. Trop sage sûrement. J'ai presque honte de ne pas me sentir à l'aise, mais bonne soirée. Depuis la loi du 1er juin, il est interdit de fumer dans les bars et les boîtes (comme à NYC). Il faut donc faire des allers-retours entre la terrasse qui donne sur la petite rue et l'intérieur. Inconvénient : quand ça pèlera ça ne fera pas semblant. Avantage : atmosphère bien plus agréable à l'intérieur, et on ne se sent pas sale une fois rentré.

- Jeudi 21 octobre : Max est arrivé. On passe au Crews, vide. Woody's : plus de monde déjà. C'est un peu la plaque tournante, tous les genres s'y croisent. L'équivalent de L'Open parisien (mais sûrement en 12 fois plus grand). Le coin fumeur, ici, est dans le bar, mais complètement hermétique. On se sent un peu comme dans un bocal, mais c 'est très agréable : peu de monde et très bonne ventilation. Petit show bien kitch, bière Molson etc. Après je ne me souviens plus trop. On est peut-être rentré.

- Vendredi 22 octobre : dîner à Pitman préparé par Max. Saumon, légumes, pâtes fraîches, fromage et baguette. Quand on veut, on peut... Je ne suis pas dans mes baskets, assez fatigué, c'est latent depuis plusieurs semaines de toute façon, avec Gwen on pense que c'est à cause du manque de vitamines, oligo-éléments et tout le tralala. Apparemment je suis relou à dire une fois de trop que je ne suis pas très motivé pour sortir, même si de tout façon je n'ai aucune autre alternative. Je veux bien le comprendre, même si ça ne remet pas en cause mon envie d'être avec mes potes qui ont voyagé. On passe au Crews, il y a du monde. Un mec s'avance, il m'appelle par mon prénom, se souvient que Teurteul et moi sommes Français et que je suis là à la fac... Mon dieu mais c'est qui... Ah oui le serveur de l'autre soir. Le temps de réaliser, vlatipa que j'étais déjà collé aux lèvres de son pote Jason. Ils font une tournée des bars pour l'anniversaire de Jason. Préférant largement la compagnie de Max et Teurteul (ce dernier repartant le lendemain), nous allons vers le Lüb. Fiou, petite fil d'attente. Le videur, plus jeune que nous, a un compteur dans la main. Ici, on ets strict sur la capacité de l'établissement, un départ=une entrée. Les cocktails sont très bons et servis dans des coupes style "cosmopolitan". Re-file d'attente pour monter, re-file d'attente pour atteindre la terrasse. Alors que pour un frenchy, le lieu est loin d'être bondé. On peut circuler aisément, ce qui rend la place plutôt agréable, sans oppression. Bavardage sur la terrasse avec des inconnus, une pauvre fille (enfin un mec quoi) complètement drunk et à l'ouest, un butch qui parle québécois (j'en rigole encore !) et assez thuné (merci pour le verre), un black à la Magloire qui veut m'embrasser et m'inviter aux Docks pour un défilé de mode, et un certain Robert à l'accent magique (= l'accent qui me permet de comprendre 100% d'une conversation). Je récolte poliment les numéros pour s'éclipser plus rapidement. Direction le Barn et ses trois étages... Il est déjà 2h, heure à laquelle les bières se transforment en Canada Dry (à moins de jouer d'une petite subtilité, j'y reviens dans un instant). On se paume un peu avec ces drôles de salles sans forme, le peu de lumière, les escaliers à droite, à gauche. Il se passe des trucs chelou aux toilettes. On écoute Anastasia, souvenir de Barcelone... On redescend d'un étage, et un vigile somme Maxime de se séparer de sa bouteille en verre, il est trop tard pour la montrer... Donc solution magique : transvaser le contenu alcoolisé dans un grand verre en plastique : "this is a Sprite, Okayyy ?". Okay okay, on a pigé. Une hypocrisie qui me fait pisser de rires. Il paraît que la police et la mairie sont de plus en plus relou avec le milieu de la nuit. Les autorisations de fermetures tardives se raréfient, la loi du 1er juin contre le tabac, plus d'alcool après 2h, capacité maximum des salles... A la moindre couille, c'est les patrons qui trinquent. Au moindre contrôle, il faut pouvoir justifier le nombre de personnes présentes, montrer que tous les fumeurs sont dans leur bocal, que les bouteilles d'alcool sont sous clé derrière des grillages... La soirée, nous concernant, partira en sucette pour des conneries. Ai parfois l'impression de me retrouver au milieu de deux amis complètement différents aujourd'hui. N'arrive pas à ménager les deux à la fois. Vrai ou faux, réalité ou parano, en deux secondes c'est monté, en une nuit c'est retombé. C'est peut-être une bonne chose.

- Samedi 23 octobre : dîner rapide à Pitman, puis passage au Red Planet pour retrouver un certain James avec lequel je discute sur MSN. What a surprise, une chatte en puissance. Max n'est pas du tout à l'aise, ça me fait tout drôle de le voir ainsi ! James aka "Bunny" (à cause du T-shirt) est très sociable et brise un peu la glace. On papote un peu, il nous montre son nouveau slip "Virgin" (eeek), puis Max et moi prenons le métro pour retrouver Gwen et Amandine à l'Oxigen, comme promis. Il s'agit d'une boîte straight sur Richmond Street, en plein Entertainment District. Le lieu est plutôt joli, l'ambiance un peu à chier, ce à quoi je m'étais préparé psychologiquement. La musique ? R n'B, comme partout dans ce genre d'endroit. Néanmoins je passe du bon temps, je m'amuse à remarquer qu'il doit bien y avoir 10 asiatiques pour un caucasien. On se croirait à Chinatown. Quelques bières et Smirnoff Ice, et l'ambiance est plus folle. Je ne sais pas pourquoi, Max dit à Gwen que j'ai une grosse bite, du coup je me retrouve comme un con ne voulant ni confirmer ni démentir. Frayeur au vestiaire : pour retrouver la toute nouvelle veste de Max qui contenait son passeport, il a fallu qu'il passe lui-même de l'autre côté du comptoir et qu'il vérifie les ceintres un par un pendant 10 minutes. Pour s'excuser, la fille lui a offert le ticket. C'est une éconokrok, mais c'est un geste qu'on ne verrait pas à Paris (hmm il aurait même fallu repasser en toute fin de soirée pour voir ce qui reste sur les porte-manteaux lol). Taxi direction Pitman. Gwen et Amandine vont s'empiffrer d'une pizza, Max et moi nous apprêtons à faire pareil. Avant cela, on tombe sur deux étudiants très sympa avec lesquels nous discuterons une petite demi-heure dans le froid. L'anglais sort tout seul parfois, et ça me met en confiance ce genre de situation. Echange de MSN et Max et moi partons pour le Fly... LE FLYYY ze "Queen" local paraît-il, ze place to be every saturday. Ze club qui a servi au tournage de Queer As Folk (ouioui, le Babylon, c'est le Fly :p). On arrive à 2h, pas de queue, peu de monde à l'entrée... $20 de cover... Aïe... On tente tout de même le coup... On cherche le vestiaire désespérement, pour cela on doit traverser tout le club. Un virage, et là, c'est la folie : une forte densité de garçons, excités comme des puces, torse-poils, jeunes, mignons... La musique à fond, de la house qui tue, des lumières réussies, une sorte de brouillard permanent, des escaliers, des cages, trois étages, des rideaux en velour, une lampe géante, des passerelles... On croise Bunny et ses potes, il a gobé un taz, pas si sage que ça le lapin... Ici pas de bocal, un patio. Mais cinq minutes maxi lol. Je sympathise avec un Eric, puis on retourne danser. On cherche vaguement un cachet, mais Bunny ne nous en trouve pas. On repasse dehors, Eric est là, mais au moment où l'on doit quitter les lieux (five minutes rulez), il nous dit de le suivre : feinte pour rester cinq minutes de plus. Pour cela, il faut passer devant le vigile, attendre un peu sur le trottoir et re-rentrer. Sauf que le vigile vient nous voir : Max et moi devons repayer $20 pour revenir. Pas Eric. Forcément. Celuici nous sortira une histoire improbable : "le vigile est amoureux de moi, je peux faire ce que je veux, mais là il doit être jaloux.. Chui désolé". Oué ben tu peux l'être. On attend que le vigile tourne le dos pour rentrer discretos, évidemment il le remarque et commence à nous insulter. Max est excédé et part chercher son manteau. Eric et moi arrivons à calmer le jeu, mais trop tard Max est couvert et prêt à partir. La soirée au Fly est finie pour nous, snif. J'ai beaucoup pensé à Teurteul qui aurait adoré cet endroit. Il faut que j'y retourne, c'est chaud les marrons.