Pfff je suis triste, sans trop savoir pourquoi. Je viens de diner avec Gwen, ça fait du bien de parler français. Dans ma chambre, je bûche sur ma finance, puis décide de m'en rouler un avant le dodo. Je m'assieds sur mon rocher fétiche dans le petit parc, je tâte mes poches, quel couillon j'ai oublié mon lighter à l'étage. Ce lighter gris clair qu'un serveur du Costes de la Madeleine m'a offert dans le métro (une histoire que je devrais d'ailleurs coucher sur le papier virtuel). Ce soir, il y avait match de hockey, des groupes d'étudiants rejoignent la résidence, un peu éméchés, criant comme des brutes et mangeant des bananes. Je m'adresse à la seule fumeuse de la zone, une fille assise sur un banc, toute seule, l'air pensif. Je retrouve mon rocher, puis la fille s'approche et me demande si elle peut rester à côté. "Nicole" ne connaît pas grand monde ici, elle ne partage pas leurs trips. You're frennch blabla, my father comes from Québec but I don't speak french. Elle aussi est plus âgée qu'eux, elle aussi est un peu homesick, ses montagnes de Calgary lui manquent. Elle a beaucoup voyagé et revient de Thaïlande. On parle beaucoup, je sors mon joint, elle parvient à me comprendre par je ne sais quel miracle (pourtant je lui sors mon anglais des grands soirs, dont moi seul ait le secret). On se raconte les belles images qui sont dans nos têtes. Il fait bon dehors, "Toron'no" (comme ils disent) vit jour et nuit, c'est agréable de regarder les voitures, les passants, la tour CN et les étoiles. Ca faisait plusieurs jours que je n'avais pas eu cette joie de rencontrer quelqu'un. Ce soir, "nice to see you" et "see you.." sont sortis avec la pensée qui accompagne ces expressions trop courantes.