Merci pour les quelques commentaires précédents...

Je vais essayer de reprendre un peu dans l'ordre mes premiers instants, et mes premières impressions (qui sont très nombreuses). Quelques photos un peu plus bas.

Aéroport d'Amsterdam, embarquement. Je suis stressé. J'appelle maman, la communication coupe, de toute façon je dois rentrer dans l'avion. Je n'aime pas les 747. Je n'aime pas mes voisins, une famille d'obèses avec un bébé. Je n'aime pas le film, déjà vu ("Le Jour d'après"). Je ne mange pas grand chose. Je dors, compte les heures, mate deux mecs TROP beaux un peu devant ou m'hypnotise avec le canal 11 du casque : musique hard-house. 16h30 heure locale, 22h30 en France, on attérit. Je prends l'impressionante fil d'attente de la douane, on m'envoie à l'immigration, puis je sors enfin pour prendre ma valise. J'attends, j'attends.... et toujours rien. Je flippe, suis claqué, envie d'une douche et d'un gros dodo. Décide de faire le tour de la salle, et retrouve mon sac un peu par hasard, à quelques mètres du tapis. Aperçois l'un des deux gars mimi de l'avion : c'est la honte il est accompagné d'une hôtesse avec d'autres gamins. Pourtant il devait bien avoir 18-20 ans ? :-S File au taxi, c'est un hindou avec turban et barbe qui m'accueille. Retrouve les larges voies américaines, les publicités exubérantes, ces tours à faire rougir la Défense. Une circulation fluide, un chemin rectiligne, j'arrive au campus de l'Université de Toronto, sur lequel j'ai trouvé une chambre avant de prendre possession de ma piaule à Ryerson la semaine prochaine. Les bâtiments sont un peu passés de mode, très 60's. Ma chambre ressemble à un studio Pierre et Vacances, la clim' en plus. Je file à la douche, je m'habille et décide de sortir me balader.

Première confrontation avec la ville. Toronto c'est plus de 4 millions d'habitants, la plus grande ville du Canada. Je me dirige vers le métro, station "Spadina", ne comprends pas très bien le principe de ces tickets que l'on doit découper et glisser dans une urne placée devant le guichetier. Je rentre alors dans un réseau de transport sans preuve d'achat : il ne doit pas y avoir de contrôleurs... Les quais sont propres, les rames très spacieuses, rapides et climatisées. Après la province, Lisbonne, Barcelone, voici un autre métro qui déchire, et je commence à croire que la RATP sucks plus que jamais. J'arrive en deux minutes à la station "Bloor Street". Après un départ dans le mauvais sens, je retombe sur mes pattes et descend "Yonge Street", soit-disant très gay. Déception, je ne vois que des boutiques de créatine qui arborent un rainbow flag (cf la photo). M'arrête honteusement à un MacDo. BigMac pas top. Fais un grand tour, j'apprécie ces grands trottoirs qui me permettent de suivre un chemin propre, c'est à dire sans devoir faire de crochets pour doubler des pépés ou des poussettes. Les rues sont propres, les voitures disciplinées, les piétons aussi. Me fait aborder à plusieurs reprises : ici, parler à un inconnu pour x raisons n'est pas pris pour une agression (j'aurais imaginé le contraire. A confirmer). Il y a de jolies tours, des policiers sympas, mais tout cela ne m'étonne pas car je vois toujours en premier les côtés positifs. Il me semble avoir déjà traversé un quartier un peu chaud, mais je n'en suis même pas sûr... Le quadrillage des rues ne me désoriente pas trop grâce à mon stage intensif dans l'Eixemple de Barcelone. Je m'approche de Ryerson, mais ne voit pas grand chose. Puis je remonte Church Street, considérée comme gay elle-aussi... Et là, OK je comprends mieux !!! au dernier virage avant Church Street, j'entends déjà du Kylie Minogue à fond. Je tourne, et c'est la fête : rainbow flags à gogo, des garçons un peu partout, etc... Il se dégage une ambiance très festive, au royaume du muscle. Le tout est en moyenne assez âgé, mais quelques jeunes TRES craquants. Je repère 2-3 bars qui ont l'air sympas, même si l'ambiance a l'air bien différente des bars européens. Je ne préfère pas rentrer, il est un peu tôt et je préfère des bars pleins à craquer quand je me déplace tout seul (c'est un peu moins glauque). Les panneaux des rues arborent un joli arc-en-ciel, ça s'emballe dans les voitures, aussi... Je rigole tout seul dans la rue. Reprends mon métro, m'arrête au drugstore pour un big Diet Coke. 23h : it's time to sleep.

Ce matin, une bande de niaks dans le couloir me réveille par leurs rires jaunes. Vais à la douche puis descends au petit déj. BONHEUR TOTAL : il y a de la bouffe partout. C'est marrant d'ailleurs : je m'étais dit qu'il suffirait de ne pas trop manger pour ne pas prendre de poids. Mais le problème doit être vu différemment, car c'est la bouffe qui vient à nous. Il faut donc faire un effort surhumain pour repousser ce qui se présente directement dans l'assiette. Me sens encore très seul à ce moment précis. Légère déprime. File à Ryerson pour me présenter. Je tombe sur mon contact du service des relations internationales. Evidemment, une fille souriante et qui aime son boulot. Lui donne les chocolats suisses que je me suis trimbalé jusque là, et elle m'accompagne à la résidence où je me présente également (et où, accesoirement, je paie cash mes frais de logement, ce qui me soulage à la vue de la somme non négligeable que je gardais presque dans mon boxer pour la protéger !). Lorsque je repars de là (endroit relativement agréable qui plus est), j'ai le coeur un peu plus léger. La boule diminue de volume. Décide de repasser demain pour voir mon directeur d'études (point trop n'en faut le premier jour, d'autant plus que je m'applique beaucoup dans la prononciation et la compréhension, ce qui demande pas mal de concentration).

Un Manu le coeur léger, ça dépense sa thune. J'ai marché cinq minutes et je suis tombé sur Eaton Center, ZE centre commercial de la ville, qui s'ouvre aux consommateurs par un Sears. Derrière le Sears, une perspective impressionante avec quatre étages de boutiques et une verrière tout en longueur. Je repars de là avec un guide de la ville, un téléphone portable, un câble réseau et des conneries achetées au drugstore (notamment ce fameux colyre qui répare les yeux rouges explosés). Comme tout le monde, je prends un gros café à emporter au Starbuck (et je note que ce n'est plus la peine de demander de la canelle en poudre avec...). Pour le téléphone, j'ai fait mes petits comparatifs entre les opérateurs, ce qui n'a pas été facile avec des vendeurs bien agressifs dans chaque boutique. J'ai finalement opté pour une offre prépayée chez Fido, sûrement parce qu'il y a des chiens partout sur les affiches. Je suis tout fier car j'ai bien pensé à prendre un téléphone déblocable et compatible en France, et du coup j'ai fait une bonne affaire car ce n'était vraiment pas cher.

Je repense ensuite aux bons conseils de Maxime, et je prends un hot-dog dans une roulotte (2 CAN$). Une fois dans ma piaule Pierre et Vacances, je branche (pour voir...) mon PC à la fiche réseau qui dépasse du mur. Et vlan, internet très haut débit. J'espère que cela ne me sera pas facturé, d'un autre côté j'aurais eu un message d'alerte si tel était le cas. En tout cas, le message qui indiquait le scan de mon Windows par le campus, pour voir s'il était bien à jour, est lui tout de suite apparu....

Me sens un peu trop livré à moi-même, j'ai encore très peur. A suivre.